Le sommeil

Le sommeil

Le sommeil, un atout sérieux pour la réussite

 

Le rythme veille-sommeil est le rythme qui régule majoritairement nos activités quotidiennes. Mais c’est aussi celui dont les dérégulations ont le plus d’effets délétères sur nos comportements et ce à tout âge.

Il a été observé que la durée et la qualité du sommeil ont un effet sur les résultats scolaires. L’exigence de la satisfaction des besoins de sommeil quotidien des enfants est à prendre en compte comme un des atouts sérieux dans la réussite des apprentissages.

Que se passe-t-il lorsque nous dormons ?

Le sommeil peut être divisé en deux phases :

·         Le sommeil lent profond

·         Le sommeil paradoxal

Le sommeil lent profond est connu pour ses effets bénéfiques sur les récupérations physique et musculaire. C’est au cours de cette période qu’est secrétée l’hormone de croissance indispensable au développement de l’enfant. C’est aussi  la nuit que nos défenses immunitaires se façonnent.

Quant au sommeil paradoxal, il a un effet bénéfique sur la mémorisation d’informations acquises pendant la veille.

 

Sommeil et apprentissage

Les deux phases de sommeil ont leur importance dans les apprentissages. Chacune aura un rôle différent à jouer selon la mémorisation attendue.

La première nuit après un apprentissage est capitale mais les performances de la mémoire continuent à s’améliorer les deux ou trois nuits qui suivent. Mal dormir pendant la troisième nuit, c’est 30% de l’apprentissage  qui disparait.

S’il faut dormir pour apprendre, on n’apprend pas en dormant : inutile de brancher la nuit son MP3 pour apprendre ses leçons. Soit on dort sans apprendre soit on est réveillé.

 

 Quand apprendre une leçon ?

Une leçon nouvelle sera mieux retenue si elle est apprise en fin d’après midi ou au cours de la soirée avant d’aller dormir afin que le sommeil lent de début de nuit consolide l’apprentissage dont la trace mnésique pourra être renforcée par le sommeil paradoxal de fin de nuit. La relire au réveil renforce le tout.

Quelles sont les conséquences d’un déficit de sommeil ?

Le manque de sommeil accroît la sensibilité aux infections. Les fonctions de renouvellement, de reconstruction de la peau ont lieu en début de nuit. Respecter le début de nuit est indispensable, ce qui implique de respecter une heure de coucher régulière. Une régularité des horaires de coucher et de lever est le plus sûr moyen d’être en forme.

Tout  endormissement commence par une phase de sommeil lent. Tout retard important de l’heure du coucher va diminuer d’autant le temps passé en sommeil profond. Il faut savoir également que le sommeil récupéré le matin ne dispose pas des mêmes propriétés récupératrices que le sommeil du soir auquel on aura renoncé. La grasse matinée ne permet pas de compenser un coucher tardif même si la durée de sommeil est la même car la qualité du sommeil sera différente.

Le déficit de sommeil affecte les apprentissages scolaires, mais également augmente l’irritabilité, l’agressivité et la difficulté à s’adapter aux situations exigeantes sur le plan cognitif et émotionnel.

Les effets de privation de sommeil observés chez l’adulte (dérégulation de l’humeur, augmentation du stress, irritabilité, agressivité, etc.) sont les mêmes chez l’enfant.

 

Comment savoir si son enfant est un petit ou un gros dormeur ?

La période des vacances offre l’occasion de connaître le bon compte de chacun, celui qui va permettre  le bon ajustement et la récupération souhaitable. A partir d’une semaine de congés, l’enfant commence à récupérer son propre rythme veille-sommeil. Une fois oubliés les réveils provoqués, les parents peuvent alors évaluer le temps de sommeil nécessaire. Cette valeur pourra ainsi rester un point de repère pour l’année afin de déterminer l’heure souhaitable du coucher.

L’heure du coucher doit être évaluée au regard des besoins et non des programmes télévisuels, des couchers des parents ou des frères ou des sœurs.

Préparer les rentrées

Dans la semaine qui précède une rentrée, il serait souhaitable que la famille replace progressivement l’enfant dans les conditions horaires qu’il va retrouver (coucher et lever). Elle pourra ainsi l’aider à oublier les vacances, à reprendre le rythme et à redevenir disponible aux apprentissages scolaires.

 

Article rédigé à partir des travaux de Claire Leconte (professeur émérite de psychologie de l’éducation) et François Testu (chercheur en chronobiologie).